Former
90.000 Belges en trois ans
Faire
découvrir l'informatique aux non-qualifiés
Article de presse
Sans
des compétences informatiques de base, il devient de plus en
plus ardu de sortir de la spirale de la non-qualification. Des centres
de formation et d'insertion font ce qu'ils peuvent mais ils manquent
de moyens.
A l'initiative d'entreprises telles Microsoft,
Belgacom, Randstad et Cisco ainsi que du VDAB (le Forem flamand) et
du Forem, ainsi que des acteurs locaux actifs dans la formation qualifiante
se sont rassemblés autour du projet « Belgian employability
platform ». L'objectif, ambitieux, est de former 90.000 personnes
en trois ans au travers de différents projets. Parmi ceux-ci,
la plateforme Do IT qui rassemble dix centres proposant des formations
aux technologies de l'information destinées aux moins qualifiés
et plus particulièrement aux jeunes chômeurs, aux femmes
et aux personnes âgées (le Centre de Développement
Rural à Ansart, Sofft à Liège, le
Collectif des Femmes à Louvain-la-Neuve, Interface3
à Namur et à Bruxelles, ainsi que cinq centres en Flandre).
Coordonné par Anne-Catherine Devolder, directrice d'lnterface3,
un centre de formation pour les femmes situé à Saint-Josse,
dans l'agglomération bruxelloise, Do IT prévoit la formation
de 4.250 personnes par an. Ce partenariat prolonge une collaboration
entamée, il y a deux ans entre la firme de Richmond et le réseau
associatif.
« Cela nous permet de répondre à la demande énorme
pour ce type de formations pour lesquelles nous refusons toujours du
monde » précise Anne-Catherine Devolder. De son côté,
Microsoft voit dans cette action l'opportunité de donner plus
de visibilité à ses contenus de formation. « C'est
aussi une occasion pour nous de former des utilisateurs qui pourraient
devenir à long terme des utilisateurs de nos produits. »
reconnaît Jean-Philippe Courtois, président de Microsoft
International et vice-président de Microsoft Corporation.
Les formations, dispensées par ces centres ouverts de formation
à l'informatique, sont accessibles à ceux qui peuvent
se libérer en semaine et en journée pour des périodes
de autre à six mois en fonction des centres. La durée
de formation a fait l'objet de discussion entre les deux partenaires
et nous avons dû nous battre pour pouvoir proposer des modules
de 70 heures, insiste Anne-Catherine Devolder. C’est une durée
indispensable pour acquérir des vraies compétences et
donner un sentiment de confiance. Une formation trop courte risque de
produire l’effet inverse.
Pas
de validation, moins de pression
Les différents projets mis en place posent aussi la question
de la validation des compétences informatiques de base par un
examen ou une certification qui n'existe actuellement que pour les compétences
techniques plus poussées. Une validation des compétences
de base serait un atout supplémentaire pour décrocher
un emploi, mais elle peut aussi se révéler intimidante.
« Sans validation, il y a moins de pression, et les femmes qui
viennent chez nous se sentent plus disponibles pour acquérir
un sentiment de confiance qui se vérifie, puisqu'elles sont nombreuses
à s'engager par la suite dans une formation qualifiante. »
Pour atteindre l'ambitieux objectif avancé par Microsoft, d’autres
projets doivent encore se mettre en place entre des opérateurs
locaux et les autres partenaires privés impliqués. Reste
aussi à mesurer la durée de l’engagement mutuel
car le fossé numérique ne pourra se combler en trois ans.
Gilles
Béchet
Le Soir, Former 90.000 Belges en trois ans